Carlo Mollino,
un génie excentrique sans limite

Carlo Morino Designer

Qui est Carlo Mollino ?

« Tout est permis tant que c’est fantastique .» Carlo Mollino

Né le 6 mai 1905  à Turin, Fils de Eugenio Mollino.

Architecte, designer, écrivain, photographe, pilote de jet acrobatique, pilote automobile et skieur virtuose, Carlo Mollino était un être fantasque, un génie doté d’un esprit excentrique et qui aimait, par dessus tout, ne se limiter en rien.

Doué dès son plus jeune âge, il dessine un plan de ville en trois dimensions avec une perspective parfaite.

Son premier travail d’architecture, une maison en bord de mer sur la Riviera italienne à Forte dei Marmi, est conçu avant même l’obtention de son diplôme, ce qui lui vaut le prix G. Pistono d’architecture.

Sa carrière prend alors un envol dans de multiples directions.

Pilote cascadeur, on lui demandât de voler pour l’Italie aux Championnats du Monde acrobatiques de Budapest en 1962.

Il conçut en 1955 une voiture de course, BISILURO, qui concourut au 24H du Mans.

Malheureusement, celle-ci s’écrasa après 2 heures de course, car trop légère pour des vitesses élevées …

Esthétiquement, c’était le mélange d’une voiture, d’un side-car et d’un avion, une voiture surréaliste avec un habitacle décentré.

Ses premières œuvres

À l’âge de 28 ans, Carlo Mollino écrit son autobiographie, « Vita di Oberon » , un récit semi-fictif fantastique à travers lequel il expose nombre de ses idées sur l’architecture , l’art et la poésie.

Au fil des ans, il démontre sa profonde compréhension des idées philosophiques, littéraires et mythiques, à travers d’autres pièces de fiction.

Il publie des romans, des essais sur l’architecture, des manuels sur les techniques de ski, un livre sur la photographie.

Il aime raconter des histoires qu’il traduit ensuite dans son travail architectural.

Ses amis sont des artistes, des peintres, des hommes de lettres.

Parmi ses œuvres architecturales les plus remarquables figuraient le Palazzo degli Affari (1964-1972), la Camera di Commercio di Torino, le Teatro Regio et la Società Ippica Torinese, un club équestre, démoli 20 ans seulement après son dévoilement, mettant en évidence le manque d’appréciation généralisée du travail de Carlo Mollino de son vivant.

L’architecte turinois oeuvre également à la conception d’ intérieurs.

Un appartement expérimental, pour lui, nommé la Casa Miller, est son premier design intérieur suivi d’une dizaine d’autres dont la Casa Devalle, petit appartement privé, pour une riche famille de fabricants et de commerçants textiles ainsi que la Casa Orengo, à la demande d’un éditeur d’art cultivé, le marquis Vladi Orengo,  un appartement ultra moderne avec sur le fleuve Pô et les collines de Turin.

Cet architecte piémontais n’a jamais appartenu à aucun mouvement artistique.

Il est un homme qui évolue dans de multiples directions : futuriste, surréaliste, éclectique et réalise des chefs-d’oeuvre.

Il inclue l’émotion comme fonction essentielle d’un bâtiment et prend compte de l’unicité des lieux et des personnes.

Il est à la recherche d’une douceur sensuelle et d’une légèreté élégante, en quête d’harmonie.

Il bouscule les codes de l’époque.

Il introduit son propre code esthétique en intégrant, dans ses créations, les courbes, le mouvement, la sensualité, dans un monde obnubilé par les angles droits et les lignes.

Il aime démystifier les dogmes et les légendes.

Il apprécie la compagnie d’artistes comme Picasso, Le Corbusier, Man Ray, Stravinsky …

Le mobilier énigmatique de Carlo Mollino

Son mobilier était tout aussi énigmatique.

Presque complètement dépourvus de lignes droites,  aux formes organiques, anthropomorphiques et surréalistes qui rappellent les courbures des membres en retenue.

Il recherche le dynamisme et le mouvement.

Il affectionne tout particulièrement l’arabesque.

« Je suivrai mes propres règles intérieures pour faire naître des formes dans un naturel absolu et donc dans la liberté ».

Il a une sensibilité plus féminine que masculine.

Il aime l’élégance, le mystère, la sensualité, les émotions.

Il cherche à unifier et connecter plutôt que perturber.

Il crée du mouvement en travaillant la profondeur par le biais des volumes, de la texture, de la couleur et des finitions.

L’appréciation de son travail ne fait que s’accroitre au fil des ans.

En 2020, une  table s’est vendue, chez Sotheby’s – New York, pour un  montant record de 6,2 millions de dollars, plus du double de l’estimation haute.

Lorsque l’on demande à Carlo Mollino de parler de son travail, sa réponse est : « Quelqu’un m’a demandé d’expliquer l’une de mes oeuvres. Je trouve la demande embarrassante dans la mesure où je suis fermement convaincu que la meilleure explication dessin travail est la présentation silencieuse de celle-ci. »

Son travail montre à la fois de la retenue et l’élégance raffinée que de la fantaisie avec un niveau de réflexion profonde et de précision scientifique.

Dandy imprudent, playboy excentrique, athlète audacieux, génie créatif, philosophe patient – les nombreuses facettes de Carlo Mollino sont aussi diverses et merveilleuses que les formes qu’il a apportées au monde.

Il n’est malheureusement pas mort dans le somptueux appartement qu’il s’était créé mais il a vécu la vie comme peu de gens ont le courage ou les compétences de le faire.

Comme un vrai homme libre …

Aujourd’hui, son mobilier est très recherché par des collectionneurs, ainsi que par une clientèle de jeunes trentenaires et quarantenaires qui aiment le design italien  des années 60 -70.

EN 2022, Une conférence : « Modern Eclectism : Carlo MOLLINO Architecte & Designer » eut lieu le 24 février 2022 à la Yale School of Architecture par Michelangelo Sabatino et Napoleone Ferrari.

En 2021, Edition anglaise du livre CARLO MOLLINO, architecte et conteur. Ce livre explique l’extraordinaire talent de Carlo Mollino de transformer la dimension technico-fonctionnelle en langage expressif, à la fois symbolique et émotionnel.

En 2020, Exposition et Catalogue « Mollino / Insides » édité en collaboration avec le Museo Casa Mollino.

EN 2019, Une conférence : « Carlo MOLLINO. Pourquoi sa table vaut-elle 4 millions de dollars ? » est donnée par Fulvio Ferrari, au Garage Museum of Contemporary Art, à Moscou.

Fulvio Ferrari est le fondateur, en 1999, du Museo Casa Mollino à Turin.

En 2006, il est commissaire des rétrospectives « Carlo MOLLINO Arabesques » à la Galerie d’Art Moderne de Turin et au Château de Rivoli.

Carlo MOLLINO est décédé le 27 Août 1973 à sa table de travail …

Carlo Morino Designer
Carlo Morino Designer

Bisiluro Carlo Mollino

Carlo Morino Designer

Carlo Mollino et Franco Vadacchino « Architettura. Arte &Tecnica », 1947

Carlo Morino Designer

Similitude de formes entre le projet du concours Vetroflex-Domus, 1950, l’immeuble de San Remo, 1948, et la vitrine suspendue de la Casa Provera, 1956.

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Casa Lisa

Détail de la chaise en contreplaqué continu conçue pour l’exposition Dansk Kunsthaandvaerk, Copenhague 1951. Photo Antoine Bootz.

Carlo Morino Designer

Dessin de la chambre de l’appartement de l’immeuble de San Remo en 1948Archives Carlo MOLLINO – Polytechnic de Turin

Carlo Morino Designer

Carlo Mollino, Suora, lampadaire, laiton, marbre et parchemin, éd. Galeria Rossela Colombari, 170 x 70 x 38 cm, vente Piasa du 23 mars, estimation 15 000/20 000 €, ©Xavier Defaix

Carlo Morino Designer

Table Reale – Années 90 – Carlo Mollino
Le Beau a une Adresse – Maison d’Art – Bruxelles. Photo @Amélie de Wilde

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